La pollution de l'air intérieur, problème de santé publique majeur

En cette Journée nationale de la qualité de l'air, le 20 septembre 2017, zoom sur la pollution de l'air intérieur, longtemps négligée mais aujourd'hui reconnue comme problème de santé publique majeur.

En cette Journée nationale de la qualité de l'air, le 20 septembre 2017, zoom sur la pollution de l'air intérieur, longtemps négligée mais aujourd'hui reconnue comme problème de santé publique majeur.

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Pièces insuffisamment aérées, émanations multiples ou même abus d'encens... L'air de nos logements est parfois plus pollué que celui de nos rues. Longtemps négligée, "la qualité de l'air intérieur est un sujet de santé publique majeur", souligne Nadia Herbelot, cheffe du service qualité de l'air à l'Agence de l'environnement (Ademe), rappelant que "nous passons 80 à 90% de notre temps" en lieu clos. Or, "du fait du confinement, on voit souvent que l'air intérieur est plus pollué que l'extérieur".

Bricolage, cosmétiques, encens, tabac

Dans nos logements, air et poussières au sol contiennent des dizaines de substances chimiques issues de produits de la vie quotidienne, recensait en 2015 l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI). Ces "composés organiques semi-volatils" viennent aussi bien d'objets contenant du plastique (revêtements de sol, ordinateurs, câbles, meubles, textiles, etc.), que de produits d'entretien ou de bricolage, de cosmétiques, d'insecticides ou de résidus de combustion (tabac, encens, chauffage au bois). Ils peuvent irriter les yeux et les voies respiratoires. Certains comme le benzène et le formaldéhyde sont même classés "cancérogènes" par l'OMS. Ces substances sont également suspectées d'effets sur le système nerveux et hormonal.

Autres polluants, les particules et oxydes d'azote, émis notamment par les appareils de cuisson et de chauffage défectueux, exposent à des troubles respiratoires. Idem pour les moisissures. Un "syndrome du bâtiment malsain" a même été identifié pour définir un ensemble de symptômes variés liés aux conditions de vie dans un lieu.

20.000 morts par an

En 2014, l'Anses avait évalué à près de 20.000 par an le nombre de décès prématurés provoqués par six polluants intérieurs les mieux étudiés (benzène, radon, trichloréthylène, monoxyde de carbone, fumée de tabac, et surtout particules). "Difficile de dire si la situation générale s'améliore" ou pas, dit Gilles Aymoz, chef du service Bâtiment à l'Ademe. "Les cas sont hétérogènes, ils dépendent des comportements de l'usager, et de la qualité des systèmes de ventilation." Cette dernière préoccupation n'est pas des moindres. "Avec les normes de plus en plus contraignantes en matière d'économies d'énergie, on renforce l'isolation, mais du coup, il faut porter une attention croissante à la ventilation" du bâti, explique M. Aymoz. Depuis 1982, un arrêté impose un dispositif d'aération des logements. Mais "il faudrait commencer à l'appliquer sérieusement", note l'expert.

Côté information du public aussi, des progrès sont à faire. Selon un sondage TNS-Sofres, quelque 60% des utilisateurs d'encens et de bougies parfumées jugent ces produits sans impact, voire bénéfiques, alors que ces faux amis polluent - en particulier l'encens. Sortie mi-septembre, une nouvelle étude met en garde contre l'abus de ces deux "sent-bon" émetteurs de particules. "On s'attaque d'abord aux produits à combustion car la combustion produit beaucoup de polluants", explique Mme Herbelot. Une étude est en cours sur les produits d'entretien. Sachant que "ce qui émet des odeurs peut émettre des polluants", rappelle-t-elle.

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